Des ruches, des moutons et 250 kilos de miel : la face verte méconnue de Disneyland Paris

Ruches & biodiversité – le Disney qu'on ne voit pas | Disneyland Paris

On connaît les châteaux, les montagnes russes et les feux d’artifice. On connaît beaucoup moins les 75 ruches, les moutons d’Ouessant, les poules Noire du Berry et les 250 kilos de miel récoltés chaque année. À l’occasion de la Journée mondiale des abeilles, Disneyland Paris a mis en lumière le travail de ses Cast Members apiculteurs — l’occasion rêvée de découvrir la face verte, méconnue et sincèrement étonnante, du plus grand site touristique d’Europe.

Un rucher géant au Davy Crockett Ranch

L’histoire commence en 2012, loin des projecteurs de Main Street : Disneyland Paris lance un programme de recolonisation d’espèces d’abeilles protégées au Disney’s Davy Crockett Ranch, le domaine forestier du resort. Plus de 75 ruches y sont installées, associées à la création d’une prairie fleurie pour nourrir les colonies.

Le résultat dépasse le geste symbolique : les abeilles pollinisent naturellement le site, et la récolte atteint environ 250 kilos de miel par an — un miel maison que l’on retrouve servi dans certains hôtels du resort et vendu en boutique. Oui, vous avez bien lu : on peut goûter du miel « made in Disneyland Paris », produit à quelques kilomètres du Château.

La récolte elle-même est assurée par des Cast Members formés à l’apiculture — un travail « fascinant et minutieux, mené avec patience, passion et soin », comme le racontait le resort à l’occasion de la Journée mondiale des abeilles du 20 mai. Une illustration de plus de la diversité insoupçonnée des 500 métiers du parc.

Moutons tondeuses et poules gardiennes

Le rucher n’est que la partie la plus médiatique d’un dispositif de biodiversité étonnamment complet. Petit inventaire à la Prévert de la ménagerie utile du resort :

  • Les moutons d’Ouessant, race rustique protégée, pratiquent l’éco-pâturage : ils entretiennent naturellement des espaces verts, sans tondeuse ni carburant.
  • Les poules Noire du Berry, autre race patrimoniale, ont été installées près des ruchers pour protéger les ruches — elles consomment notamment les frelons asiatiques et parasites qui menacent les colonies. La lutte biologique version basse-cour.
  • Le Potager de Rémy, clin d’œil au rat cuisinier de Ratatouille, fournit des produits frais cultivés sur place, tandis que des vergers ont été plantés près de certains hôtels.

Ajoutez la réduction des produits phytosanitaires, le désherbage mécanique et thermique plutôt que chimique, et des sentiers de découverte de la nature — jardins, prairies fleuries, vergers, ruchers, zones d’éco-pâturage — conçus comme une « classe verte à ciel ouvert » sur le rôle des pollinisateurs, des sols vivants et des plantes locales.

Pourquoi un parc d’attractions se soucie-t-il d’abeilles ?

La question mérite d’être posée sans naïveté. Trois réponses se superposent.

La première est écologique et sincère : le resort s’étend sur un immense domaine en Seine-et-Marne, dont une large part n’est pas urbanisée. Gérer ce patrimoine vivant — et l’améliorer — relève d’une responsabilité de propriétaire foncier, que Disney a formalisée dans ses objectifs environnementaux Disney 2030 (réduction carbone, déchets, eau, biodiversité).

La deuxième est réglementaire et stratégique : les grands opérateurs touristiques européens sont attendus au tournant sur leurs engagements environnementaux, par les autorités comme par les visiteurs. Les ruches d’aujourd’hui sont aussi la licence sociale d’exploitation de demain.

La troisième est narrative, et assumons-la : « le miel de Disneyland » est une belle histoire, et Disney est une machine à belles histoires. Il serait naïf d’ignorer la dimension communication — mais il serait injuste de réduire à cela un programme qui existe depuis 2012, emploie de vrais apiculteurs et produit de vrais résultats mesurables.

Comment découvrir cette face verte en tant que visiteur ?

Bonne nouvelle : cette dimension nature n’est pas réservée aux communiqués de presse.

  • Séjournez ou passez au Davy Crockett Ranch : c’est le cœur battant du programme biodiversité, au milieu de la forêt. Dépaysement garanti, à un quart d’heure des parcs.
  • Goûtez le miel maison : selon les saisons, on le trouve au petit-déjeuner de certains hôtels et dans les boutiques du resort. Un souvenir infiniment plus original qu’un mug.
  • Ouvrez l’œil sur les espaces verts : prairies fleuries volontairement « sauvages », moutons au détour d’un chemin du ranch, vergers près des hôtels — une fois qu’on sait, on voit le resort autrement.
  • Parlez-en aux Cast Members jardiniers : les équipes horticoles, qui entretiennent des centaines de milliers de plantes, sont intarissables sur le sujet pour qui montre de la curiosité.

Les autres chantiers verts du resort

Le volet biodiversité s’insère dans une politique environnementale plus large, formalisée dans les objectifs Disney 2030 : production d’énergie solaire (l’immense ombrière photovoltaïque du parking visiteurs, l’une des plus grandes d’Europe, produit l’équivalent de la consommation de milliers de foyers), géothermie alimentant une partie du site, suppression progressive des plastiques à usage unique dans la restauration, tri et valorisation des déchets, et gestion raisonnée de l’eau — un enjeu majeur pour un site qui exploite fontaines, lacs artificiels et un futur lac spectacle à Adventure Bay. Les associations environnementales restent attentives et parfois critiques, notamment sur l’empreinte du tourisme de masse lui-même ; mais dans sa catégorie, le resort fait aujourd’hui figure de référence européenne.

Notre regard

Il y a quelque chose de délicieusement paradoxal à ce que l’un des lieux les plus artificiels d’Europe — un monde entièrement construit, dessiné, scénarisé — abrite l’un des programmes de biodiversité les plus aboutis du tourisme français. Mais à y réfléchir, c’est cohérent : la même culture de l’attention au détail qui fait repeindre chaque nuit les licornes du carrousel fait aussi compter les colonies d’abeilles et choisir des races de poules patrimoniales.

La prochaine fois qu’on vous dira que Disneyland Paris n’est « que du béton et du marketing », vous pourrez répondre : 75 ruches, 250 kilos de miel, des moutons bretons et des poules berrichonnes. La magie, parfois, bourdonne.

Sources : DisneylandParis News, Disneyphile, DLRP.fr, DLP Welcome, Julie Ears (objectifs Disney 2030).

Davy Kiala, guide local de Disneyland Paris

Écrit par Davy — guide local de Disneyland Paris

Habitant de Marne-la-Vallée depuis 2004, je teste hôtels, transports et bons plans autour des parcs. Je loue aussi deux appartements familiaux à 10 minutes de Disney.

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